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Le paiement sans contact, une technologie qui a toute sa place en France

Cette technologie, permettant de payer sans insérer la carte dans sa lecteur ni de taper votre code secret, décriée lors de sa mise en service il y a plus de 10 ans, est en passe de gagner ses lettres de noblesses ! En effet, la limite de paiement sans contact ou NFC (Near Field Communication) a été augmentée de 50% (i.e. cette limite passe à 30€ par transaction) depuis le 1er octobre 2017. Et nous allons essayer de voir un peu plus clair dans le pourquoi de cette volonté de démocratisation de la part des pouvoirs publics et des banques.

 

Un peu d'histoire sur le NFC

La technologie NFC a d'abord été déployée à Hong Kong (fin des années 1990) et avait pour objectif de simplifier les trajets en transports en commun ! Ce fût très vite un succès et l'usage de cette carte fût étendue à d'autres utilisations comme l'achat dans des superettes ou dans des distributeurs de boisson ! Je me souviens avoir été à HongKong un peu après le déploiement de cette technologie et avoir été fasciné par l'utilisation de celle-ci et sa simplicité. (à l'époque le pass Navigo était un lointain projet de notre chère RATP)

En France, c'est début des années 2010 que cette technologie arrive dans nos cartes bancaires. Celle-ci est accueillie un peu froidement et les banques sont obligées de mettre en place des systèmes permettant au porteur de la carte bancaire de désactiver manuellement cette possibilité de paiement. En effet, à l'arrivée de cette technologie, les ondes diffusèrent des vidéos de "pirates" qui se collaient à vous pour obtenir les informations contenues sur la fameuse puce NFC ajoutée à votre CB. 

Aujourd'hui, le succès est là

(extrait tiré des chiffres de la Fédération Bancaire Française)

  • En 2016, les transactions représentent 6,2 milliards d'€ (quand on connait la limite de paiement à 20€, on voit que le nombre de paiements concerné n'est pas une brindille) en augmentation de 150% par rapport à 2015,
  • 23% des paiements inférieurs à 20€ sont en sans contact,
  • Chaque mois, plus d'un tiers des CB possédant la technologie est utilisée en "sans contact",

Cette technologie, après l'échec retentissant de MONEO, partait de loin et finalement, à force de persévérance et surtout de modération dans les commissions prélevées par les établissements bancaires, commence à s'imposer comme un moyen de paiement à part entière chez tous vos commerçants favoris.

 

A qui profite le "crime" ? 

Il faut voir que ce mode de paiement capte des interventions qui, jusqu'à présent, étaient réservés au bon vieil argent liquide. Et cela présente beaucoup de petits et gros avantages, que ce soit pour l'état ou pour les banques.

  • Augmentation du chiffre d'affaire des enseignes de distribution grâce à la réduction des temps d'attente aux caisses
  • L'utilisation de cash a un coût pour
    • Les banques : quand vous déposez 100 € en cash sur votre compte bancaire, la banque a tout un tas de manipulation à effectuer et ces manipulations sont coûteuses ; pour autant, vous serez crédités de 100 € sur votre compte bancaire, sans pénalité.
    • L'état : la gestion des billets et des pièces coûte de l'argent à l'état. Il est difficile de trouver des chiffres fiables émanant des organes officiels mais on ne peut imaginer que la production de pièces et billets, l'acheminement, la gestion des modules défectueux et la traque des fausses monnaies et/ou faussaires soient à un coût proche de 0 pour l'état.
    • Les commerçants : la comptabilité et la gestion physique des billets et pièces ont un coût. Il faut modérer ce coût par la commission prise par l'établissement bancaire à chaque transaction bancaire.

Evidemment, au delà du coût pour l'état, ce dernier milite grandement pour l'utilisation de mode de paiement digitalisé afin de lutter contre les fraudes en tout genre. Dans le même ordre d'idée, le 1er septembre 2015, il a limité les paiements en cash à 1.000€ par transaction pour un français. Sa principale préoccupation n'est pas votre sécurité en cas d'agression mais plutôt de lutter contre les trafics !

En clair, il a été prouvé que ces fraudes ou trafics alimentaient des réseaux, pour certains, liés au terrorisme (cf. cet article)

 

Devons-nous « tomber dans le piège » et arrêter d’utiliser le cash ?

On peut imaginer que si nous arrêtons d'utiliser nos pièces ainsi que nos billets fétiches, un jour, l'état français supprimera l'utilisation de ces monnaies fiduciaires. Ce qui nous obligera à passer par des applications smartphone, cartes bancaires ou virement pour utiliser notre propre "argent" (à l'image de ce qu'il se passe au Danemark). Est-ce que ce bouleversement dans nos moyens de paiements ne serait pas excessivement liberticide ?

Nous avons tous nos convictions sur ce que représentent nos libertés. Certains penseront que se couper de l'argent fiduciaire est un trop grand pouvoir donné aux banques ou à l'état et d'autres jugeront que ce changement fait parti de l'évolution naturel de nos moyens de paiement. De mon côté, je pense qu'avec nos institutions actuelles, nous ne craignons pas de dérives importantes. Si problème il doit y avoir, ça sera le jour où notre démocratie sera confisquée ; et dans ce cas, nous aurons d'autres problèmes à gérer que nos moyens de paiement ! 

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